Sommet Climate Chance Europe 2026

Comment le futur cadre pour la restauration de la Nature, peut-il propulser les Solutions fondées sur la Nature au cœur des stratégies territoriales ?

Description

En Europe, les solutions fondées sur la nature (SfN) sont devenues un pilier de plus en plus central des politiques de biodiversité et d’adaptation climatique. L’UE les relie directement à sa stratégie biodiversité 2030 et au règlement de restauration de la nature, avec des objectifs juridiquement contraignants de restauration des écosystèmes. Les SFN peuvent  protéger, gérer durablement et restaurer des écosystèmes pour répondre à des défis de société comme les inondations, la sécheresse, l’érosion, les îlots de chaleur, la sécurité de l’eau ou encore la santé. L’Agence européenne pour l’environnement les présente comme des solutions polyvalentes, souvent plus riches en bénéfices que les mesures purement techniques.

La stratégie européenne pour la biodiversité à l’horizon 2030 vise à remettre la nature de l’UE sur la voie du rétablissement, en articulant protection, restauration et extension des aires protégées. Elle s’accompagne du Nature Restoration Law, qui fixe un objectif global de restauration d’au moins 20% des terres et mers de l’UE d’ici 2030, puis de restauration de tous les écosystèmes nécessitant une intervention d’ici 2050.

Le texte adopté prévoit aussi qu’au moins 30% des habitats dégradés relevant du règlement soient restaurés d’ici 2030, puis 60% d’ici 2040 et 90% d’ici 2050. La Commission souligne que cette loi sert à la fois les objectifs de biodiversité, de climat et de sécurité alimentaire.

Les SfN sont aujourd’hui considérées comme un instrument majeur d’adaptation fondée sur les écosystèmes. La stratégie d’adaptation de l’UE de 2021 et bientôt remise à jour, leur donne une place forte, car elles offrent souvent de meilleurs co-bénéfices que les infrastructures grises classiques. L’EEA souligne qu’elles peuvent réduire les risques d’érosion, d’inondation, de sécheresse, d’îlots de chaleur et d’incendies, tout en améliorant la séquestration du carbone et la qualité de l’air et de l’eau. C’est précisément ce caractère multifonctionnel qui les rend stratégiques pour l’adaptation.

Les sources de l’UICN et de l’EEA indiquent qu’elles sont souvent moins coûteuses à long terme que les solutions purement techniques, surtout quand on intègre maintenance, flexibilité et co-bénéfices. Elles créent également des bénéfices sociaux: santé, bien-être, réduction des risques, attractivité des territoires et parfois sécurité alimentaire ou disponibilité en eau. En milieu urbain, elles contribuent aussi à la réduction des températures et à l’amélioration du cadre de vie.

Plusieurs chiffres reviennent dans les sources européennes récentes. Selon le Parlement européen, plus de 80% des habitats en Europe sont en mauvais état, ce qui justifie la montée en puissance des mesures de restauration. Le règlement européen fixe des jalons précis: 20% des terres et mers à restaurer d’ici 2030, puis 30% / 60% / 90% selon l’état des habitats visés. Ces pourcentages donnent une trajectoire claire et mesurable à l’action publique.

Pourtant sur le terrain, les SfN sont encore très concentrées en Europe: une étude reprise par la presse spécialisée indique que 60% des projets analysés étaient déployés en Europe, signe d’un leadership mais aussi d’un besoin d’industrialisation et de montée en échelle. La coopération internationale est également un levier à privilégier pour intégrer durablement ces techniques naturelles comme des solutions durables pour lutter face aux différents impacts du changement climatique. 

Comment faire évoluer, au regard du contexte, la Nature Restoration Law (adoptée en 2024) et la Stratégie européenne d’adaptation, à une mise en œuvre massive et efficace des Solutions fondées sur la Nature pour la restauration des écosystèmes et la résilience climatique européenne, en surmontant les verrous financiers, réglementaires, techniques, scientifiques et de gouvernance ?

Intervenants

  • Yannick GLEMAREC, Président de Président Gold Standard
  • Alicia MORENO, Chargé de projet MountResilience
  • Rastislav TRNKA, Président de la région autonome de Košice
  • Barbara WIDERA, Membre du conseil d’administration de la mission « Adaptation au changement climatique »

Modération : Amaury PARELLE, Coordinateur du projet LIFE Artisan, OFB (Office Français pour la Biodiversité)