Sommet Climate Chance Europe 2026

Faire de l’adaptation un levier de développement pour les villes africaines

Description

Les villes africaines ont besoin d’une adaptation urbaine rapide, massive et financée, parce qu’elles sont exposées à la fois aux vagues de chaleur, aux inondations, au stress hydrique, à la montée du niveau de la mer et à l’urbanisation très rapide. Les besoins les plus souvent cités sont donc directement en lien avec la planification urbaine, le drainage et la gestion des eaux pluviales, la protection contre les inondations, l’habitat résilient, les infrastructures de base, l’accès à l’eau, et des solutions fondées sur la nature. 

Un autre besoin central pour les villes africaines, c’est le financement, car de nombreuses villes africaines ont peu de ressources propres, dépendent des budgets nationaux et ont un accès difficile aux financements climatiques internationaux. Les capacités techniques comptent aussi dans ces besoins : il faut des plans locaux, des données de risque, des équipes formées et des mécanismes de suivi.

Un repère souvent cité issu des travaux de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) est qu’en Afrique :  540 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité, 940 millions à une cuisine propre et 400 millions à l’eau potable, ce qui complique fortement l’adaptation urbaine. 

En 2022, sur le plan de l’action locale, plus de 50 plans climatiques urbains avaient déjà été co-développés par ICLEI Afrique à la date citée, ce qui montre que les outils existent mais doivent passer à l’échelle. Côté financement, l’UE et quatre États membres ont annoncé en 2022 plus d’un milliard d’euros pour soutenir l’adaptation en Afrique.

L’aide européenne prend surtout deux formes: des financements d’adaptation à l’échelle africaine et des programmes de renforcement des capacités pour les collectivités locales. Par exemple, l’UE a aussi accordé 1 million d’euros à l’Initiative d’adaptation pour l’Afrique en 2020, via le PNUD, pour améliorer les connaissances et soutenir des initiatives d’adaptation plus efficaces. Dans plusieurs programmes, l’objectif n’est pas seulement d’injecter de l’argent, mais de mieux structurer les plans climat, la formation et la mise en œuvre locale.

La coopération décentralisée reste aussi un levier majeur pour les villes. En effet, elle joue un rôle concret parce qu’elle relie directement villes européennes et africaines autour de projets pratiques: plan climat, énergie durable, partage d’expertise, et parfois financement de pilotes. Des partenariats de ville à ville via des jumelages ou des accords de coopération, ou encore les échanges entre villes du programme CoM SSA illustrent cette logique d’apprentissage entre collectivités. L’intérêt principal est de transformer des expériences européennes en outils locaux adaptés aux réalités africaines, sans modèle unique.

Le message global est simple: les villes africaines ne manquent pas d’idées, elles manquent surtout de moyens, de données, d’infrastructures et de capacité de mise à l’échelle. L’aide européenne est réelle et croissante, mais elle doit répondre à un niveau de besoins beaucoup plus élevé que les montants symboliques ou les seuls projets pilotes. L’enjeu n’est donc pas seulement l’adaptation au climat, mais aussi la justice urbaine, l’accès aux services essentiels et la résilience de long terme.  Les données disponibles montrent aussi que l’aide européenne existe déjà, mais qu’elle reste souvent insuffisante par rapport aux besoins concrets des villes.

Comment faire de l’adaptation au changement climatique une priorité structurante des villes et régions européennes et africaines, en articulant gouvernance locale, financement et solidarité Nord‑Sud dans le cadre de la stratégie climatique et du partenariat Afrique‑UE ?