La justice sociale et de genre : socle des politiques climatiques européennes ?
Description
En Europe, l’année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée sur le continent, avec des records de stress thermique et des inondations généralisées, ayant affecté plus de 400 000 personnes. D’après un article publié en 2024 par France Nature Environnement, on sait aujourd’hui estimer que, à l’échelle mondiale, 85% des personnes mortes lors de catastrophes naturelles d’origine climatique et 75% des réfugié.es environnementaux sont des femmes, un indicateur souvent repris dans les analyses sur les vulnérabilités de genre.
Les impacts climatiques aggravent les inégalités liées au revenu, au genre, à l’origine, au handicap et au statut migratoire ; en Europe, les femmes immigrantes, racisées, LGBTI+, handicapées ou isolées sont décrites comme parmi les plus exposées. D’après un rapport onusien de l’Initiative Spotlight, on constate que le changement climatique intensifie les tensions sociales et économiques qui alimentent la hausse des violences faites aux femmes et aux filles.L’étude révèle en effet que chaque augmentation de 1 °C de la température mondiale est associée à une augmentation de 4,7 % des violences conjugales.
Dans un scénario de réchauffement de 2 °C, 40 millions de femmes et de filles supplémentaires risquent d’être victimes de violences conjugales chaque année d’ici 2090. Dans un scénario de réchauffement de 3,5 °C, ce nombre fait plus que doubler. En Europe, la plupart des études montrent surtout un effet d’amplification des vulnérabilités : les vagues de chaleur, les incendies et les inondations touchent tout le monde, mais les personnes déjà précaires ont moins de ressources pour s’en protéger ou s’en remettre. Les minorités sociales sont souvent surreprésentées dans les logements mal isolés, les emplois exposés à la chaleur et les zones à risque, ce qui augmente l’impact sanitaire et économique.
Comment faire de la justice sociale et de la justice de genre le socle explicite des politiques climatiques européennes (atténuation, financement, adaptation) et des transitions territoriales, en évitant de reproduire les inégalités existantes et en garantissant la participation des groupes les plus vulnérables ?