Sommet Climate Chance Europe 2026

Quelle stratégie de santé publique dans une Europe en surchauffe ?

Description

Dans une Europe en surchauffe, les Européens doivent penser une véritable stratégie de santé publique. Elle doit chercher à prévenir les effets sanitaires du réchauffement, protéger les populations exposées, et renforcer la capacité des systèmes de santé à faire face aux canicules, aux nouveaux risques infectieux et aux crises climatiques répétées. Plus le climat se réchauffe, plus la santé publique doit passer d’une logique de réaction ponctuelle à une logique de préparation permanente.

L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement, et les vagues de chaleur y deviennent plus longues, plus fréquentes et plus dangereuses pour la santé. D’après une étude intitulée : “Heat-related mortality in Europe during 2023 and the role of adaptation in protecting health” et relayé par l’Agence Européenne de l’Environnement, en 2023, un peu moins de 48 000 décès liés à la chaleur ont été estimés dans toute l’Europe.Alors qu’en 2024, plus de 60 000 personnes seraient décédées des causes de la chaleur (Janoš et al., 2025), la mortalité due à la chaleur pourrait tripler et les pertes économiques quintupler si l’Europe maintient sa trajectoire actuelle de réchauffement à 3°C en 2050 (García-León et al., 2021, 2024).
En parallèle, les données européennes montrent une pression réelle sur les systèmes de soins : au Portugal, les hospitalisations quotidiennes ont augmenté de 19% pendant les jours de canicule entre 2000 et 2018. Le rapport européen souligne aussi que le niveau de préparation politique face à la chaleur reste seulement moyen pour l’ensemble de l’Europe, notamment à cause d’approches hétérogènes et d’un manque persistant de prise en compte de la justice sociale.
En 2024, 21 des 38 pays de l’Espace économique européen avaient déjà mis en place des plans d’action chaleur-santé, et quatre autres en élaborant.

La chaleur extrême peut provoquer la déshydratation, l’épuisement thermique, le coup de chaleur, l’aggravation des maladies cardiovasculaires et respiratoires, ainsi qu’une hausse des hospitalisations et des décès. Elle affecte aussi le fonctionnement du système de santé lui-même, parce qu’elle augmente la demande de soins au moment où les équipes et les infrastructures sont déjà sous tension. Au-delà de la chaleur, la surchauffe climatique peut aussi favoriser d’autres risques de santé publique, comme l’extension de certains vecteurs, la dégradation de la qualité de l’air et les effets psychologiques des événements extrêmes. La santé publique doit donc traiter le climat comme un déterminant majeur de santé, pas seulement comme un sujet environnemental.

Une bonne stratégie de santé publique est une composante directe de l’adaptation au changement climatique. L’adaptation vise à réduire la vulnérabilité globale des sociétés, et la santé publique traduit cela en actions très concrètes : alerte précoce, protection des personnes fragiles, refonte des logements, végétalisation urbaine, continuité des soins et ajustement du travail en période chaude.


La nouvelle stratégie d’adaptation de l’UE doit insister précisément sur une adaptation plus intelligente, plus systémique et plus rapide, ce qui correspond bien aux besoins du secteur santé et des populations civiles en Europe.

Comment passer d’une réponse fragmentée et isolée à une stratégie européenne intégrée de la santé publique face à la surchauffe climatique, capable d’anticiper les risques, de protéger les populations vulnérables et de transformer les systèmes de santé, du niveau européen au niveau local, en lien avec le renouvellement de la Stratégie d’adaptation de l’UE de 2021, qui a créé l’European Climate and Health Observatory, et la Strategic Research and Innovation Agenda on Health and Climate Change de juin 2025 ?