Perspectives des ressources mondiales 2024

📐 Méthodologie

Ce rapport utilise un cadre de scénario multi-modèle qui, pour la première fois, projette les impacts environnementaux de l’utilisation des ressources. Le scénario relie des modèles différents mais complémentaires pour représenter les interactions entre les systèmes humains et environnementaux :

  • Modèle économique global (GTEM) : modèle permettant d’analyser les impacts socio-économiques internationaux des politiques d’atténuation du changement climatique (en se concentrant sur le protocole de Kyoto), y compris les taxes et l’échange de droits d’émission.
  • Modèle de gestion de la biosphère mondiale (GLOBIOM) : modèle permettant d’analyser la concurrence entre l’agriculture, la sylviculture et la bioénergie pour l’utilisation des terres, afin d’évaluer la production rationnelle de denrées alimentaires, de fibres forestières et de bioénergie.
  • Modélisation d’évaluation intégrée (IMAGE) : un modèle qui mesure les conséquences environnementales des activités humaines dans le monde entier.

Sur la base de ce cadre de scénarios multi-modèles, deux trajectoires possibles sont tracées. La première s’inscrit dans la continuité des tendances historiques, tandis que la seconde explore les résultats qui pourraient être obtenus grâce à des actions ambitieuses et de grande envergure visant à réduire l’utilisation des ressources et ses incidences.

Ce rapport met en évidence l’impact des trajectoires actuelles d’utilisation des ressources sur les acteurs non étatiques et les communautés locales, et souligne la nécessité d’inclure ces acteurs dans l’élaboration des politiques.

🔎 Grands Enseignements

Le rapport constate que l’utilisation croissante des ressources est le principal moteur de la triple crise planétaire (changement climatique, pollution, biodiversité). L’extraction et la transformation des ressources matérielles (combustibles fossiles, minéraux, minéraux non métalliques et biomasse) sont responsables de plus de 55 % des émissions de gaz à effet de serre et de 40 % des effets des particules sur la santé.

L’utilisation des matériaux a été multipliée par trois au cours des 50 dernières années, principalement en raison de l’environnement bâti et des systèmes de mobilité, et continue d’augmenter en moyenne de plus de 2,3 % par an. Cependant, l’utilisation de matériaux n’est pas la même partout dans le monde : les pays à revenu élevé utilisent six fois plus de matériaux par habitant et sont responsables de dix fois plus d’impacts climatiques par habitant que les pays à faible revenu. Globalement, les effets de l’extraction et de la transformation des matériaux sur le climat et la biodiversité dépassent largement les objectifs visant à limiter le changement climatique à 1,5 degré et à éviter l’appauvrissement de la biodiversité.

Le rapport souligne la nécessité d’une action urgente basée sur le découplage pour limiter les impacts environnementaux de l’utilisation des ressources tout en augmentant les contributions au bien-être provenant de l’utilisation des ressources. L’approche actuelle, qui met l’accent sur les mesures relatives à l’offre (production), doit être complétée par un accent beaucoup plus marqué sur les mesures relatives à la demande (consommation), afin de répondre aux questions d’équité et de suffisance à l’échelle mondiale.

Basé sur la modélisation de scénarios, ce rapport montre qu’il est possible de réduire l’utilisation des ressources tout en développant l’économie, en réduisant les inégalités, en améliorant le bien-être et en réduisant l’impact sur l’environnement. Il souligne la nécessité de réductions absolues dans les pays à revenus élevés et moyens supérieurs. Une action urgente est également nécessaire pour institutionnaliser la gouvernance des ressources, notamment en définissant des voies d’utilisation durable des ressources à tous les niveaux de gouvernance, ce qui peut inclure la mise en place d’accords institutionnels à plusieurs échelles. Enfin, ils appellent les dirigeants de tous les secteurs, y compris les gouvernements à tous les niveaux, les entreprises et la société civile, à agir maintenant.