Résilience juste : Intégrer la justice sociale et le genre dans l’adaptation au changement climatique en Europe

Note d’analyse de l’Observatoire mondial de l’action climat

Autrices :

Pauline Beyler, Chargée des enjeux climatiques, Institut du Genre en Géopolitique

Flavie Seigneurin, Chargée des enjeux climatiques, Institut du Genre en Géopolitique

Tania Martha Thomas, chargée de recherche à l’Observatoire

Date : mai 2024

Sommaire :

  • Vulnérabilités sociales et politiques d’adaptation : Des impacts interconnectés
  • La « résilience juste » : D’un cadre théorique à des actions locales
  • Actions communautaires et initiatives de la société civile
  • La vulnérabilité accrue des femmes et la nécessité d’une justice sociale féministe
  • Repenser l’engagement politique et les relations interpersonnelles pour une justice sociale féministe plus efficace

Vulnérabilités sociales et politiques d’adaptation : Des impacts interconnectés

Avec des niveaux de réchauffement supérieurs à la moyenne mondiale (~2 °C de réchauffement observé entre 2013 et 2022 par rapport aux températures préindustrielles)[1], les effets du changement climatique se font déjà sentir dans toute l’Europe. Le GIEC note que les effets des risques combinés du réchauffement et des précipitations sont devenus plus fréquents. Il identifie quatre risques majeurs pour le continent : la mortalité, la morbidité et les changements dans les écosystèmes dus à la chaleur ; le stress dû à la chaleur et à la sécheresse sur les cultures ; la pénurie d’eau ; les inondations et l’élévation du niveau de la mer[2]. Ces risques touchent de manière disproportionnée différentes régions géographiques, secteurs économiques et groupes socio-économiques.

S’adapter au changement climatique signifie réduire les dommages potentiels et maximiser les bénéfices des impacts climatiques. Les risques climatiques, pour toute société ou tout système, sont une combinaison de dangers (facteurs naturels tels que les aléas climatiques), d’exposition (présence de personnes et de ressources dans des zones qui pourraient être affectées négativement) et de vulnérabilité (possibilité d’être affecté négativement)[3], [4].

Les vulnérabilités peuvent être de différentes natures, physiques et socio-économiques. La première évaluation européenne des risques climatiques (EUCRA)[5] publiée au printemps 2024 note que les inégalités structurelles et les vulnérabilités socio-économiques se renforcent mutuellement dans un cercle vicieux. L’EUCRA identifie quatre types de vulnérabilités sociales, qui peuvent souvent être interconnectées :

  • Les vulnérabilités de groupe, qui concernent les minorités ethniques, les immigrés et les peuples autochtones et qui découlent d’inégalités structurelles et historiquement ancrées ;
  • Les vulnérabilités de genre, l’une des vulnérabilités de groupe les plus communes, dues à des normes sociales qui peuvent entraîner un travail négligé ou sous-payé de la part des femmes, par exemple ;
  • Les vulnérabilités socio-économiques et professionnelles, qui touchent les ménages et les personnes à faible revenu ;
  • Les vulnérabilités liées à l’âge et à la santé, qui rendent les enfants, les personnes âgées, les personnes handicapées ou les personnes souffrant de problèmes de santé plus vulnérables aux effets du climat.

En outre, les effets des mesures d’adaptation sur ces vulnérabilités sont souvent négligés : des mesures d’adaptation mal planifiées ou mal exécutées pourraient déplacer ou redistribuer la vulnérabilité, ce qui pourrait renforcer les inégalités. Une étude du Parlement européen réalisée en 2023[6] a révélé que sur 14 instruments de politiques climat étudiés au niveau de l’UE, une majorité d’entre eux avaient « une reconnaissance limitée et une compréhension étroite » des impacts socio-économiques négatifs qui pourraient résulter de leur mise en œuvre. Le même rapport indique qu’en ce qui concerne les politiques d’adaptation, la recherche en général est plus rare, et la littérature existante se concentre davantage sur les vulnérabilités de certains groupes et sur la façon dont les réponses d’adaptation peuvent les prendre en compte.

La « résilience juste » : D’un cadre théorique à des actions locales

Dans le contexte des vulnérabilités climatiques inégales des différents groupes de population, l’idée de justice sociale peut comprendre plusieurs dimensions. L’EUCRA se concentre sur trois de ces dimensions interconnectées : la justice distributive, qui concerne l’allocation des ressources, des avantages et des charges liés aux mesures d’adaptation ; la justice procédurale, qui a trait à l’équité, à la légitimité et à l’inclusivité du processus de prise de décision ; et la justice de reconnaissance, qui implique le respect et la prise en compte équitable des différentes valeurs ou visions du monde, des cultures et des besoins[7].

La stratégie européenne d’adaptation, adoptée en 2021, introduit les principes de « résilience juste » et de « ne laisser personne de côté », un élément clé également du Pacte vert et de la Mission de l’UE sur l’Adaptation. Dans ce contexte, la résilience est définie comme étant plus large que l’adaptation, en incluant également le renforcement de la capacité d’adaptation des sociétés et des systèmes naturels. Dans une étude consacrée à ce sujet, l’Agence européenne pour l’environnement a constaté que les politiques européennes actuelles de résilience juste tendent à donner la priorité aux dimensions plus internationales de la justice, aux transformations sociétales, aux droits des travailleurs et à la répartition du financement de l’adaptation entre les États membres[8].

Une évaluation des reporting des États membres eux-mêmes sur leurs actions d’adaptation[9] a montré que les populations vulnérables sont de plus en plus incluses dans les processus participatifs d’élaboration de la politique nationale d’adaptation (ex. en Irlande), et sont prises en compte dans la priorisation des actions d’adaptation (ex. en Finlande). Les Pays-Bas et l’Espagne ont indiqué qu’ils utilisaient la recherche sur la justice sociale pour informer leurs politiques nationales, tandis que la France et la Hongrie ont indiqué qu’elles incluaient des aspects sociaux et économiques dans certaines évaluations thématiques et sectorielles des risques climatiques au niveau national.

Au niveau local, ces vulnérabilités sociales coïncident avec les zones urbaines denses dans de nombreux pays européens. Ces zones sont également soumises à des risques physiques intenses tels que l’effet d’îlot de chaleur urbain, ou des risques d’inondation en raison d’une artificialisation des sols et d’une construction non durables[10]. Une étude portant sur 328 plans d’adaptation locaux de grandes et moyennes villes a montré que 68 % de ces plans identifiaient des groupes de population particulièrement vulnérables au changement climatique et qu’un nombre croissant de plans incluaient des aspects liés à l’équité[11]. Toutefois, les méthodes de suivi de la situation des groupes vulnérables et des résultats sociaux des mesures d’adaptation demeurent largement lacunaires, tout comme les méthodes de suivi des progrès globaux en matière d’adaptation.

Actions communautaires et initiatives de la société civile

Des analyses de la littérature scientifique publiées entre 2013 et 2019[12],[13] montrent que la majorité des mesures d’adaptation prises dans le monde entier l’ont été au niveau local, les individus et les ménages étant les principaux acteurs (représentant jusqu’à 64 % de la littérature). C’est là que réside l’importance des communautés et des actions communautaires, c’est-à-dire des actions entreprises par des groupes de personnes ou de ménages auto-organisés. Ces approches vont au-delà d’un simple dialogue avec les parties prenantes et sont davantage fondées sur les droits, ce qui permet aux communautés concernées d’avoir un plus grand pouvoir sur la prise de décision[14].

Au niveau européen, l’initiative Pathways2Resilience rassemble des réseaux et des experts locaux et régionaux afin de soutenir la participation à la Mission Adaptation de l’UE, de « favoriser l’appropriation locale » des mesures d’adaptation et de développer des systèmes communautaires clés[15]. Des réseaux tels qu’Ecolise permettent également aux initiatives communautaires de se rassembler pour partager et accélérer les meilleures pratiques, en vue d’atteindre l’objectif d’une « société compatissante, équitable et régénératrice composée de communautés autonomes et résilientes ».

La société civile a également montré des moyens de contribuer directement à la justice sociale dans la politique climatique – avec des actions allant des manifestations et de la désobéissance civile aux procédures judiciaires contre les gouvernements ou les entreprises. Le recours à la justice pour faire reconnaître les droits des personnes ou des communautés en matière de climat est en augmentation constante et rapide depuis 2015. En 2024, par exemple, « Klimaseniorinnen », un groupe de femmes suisses âgées de 64 et plus, a gagné contre l’État devant la Cour européenne des droits de l’homme, arguant que l’inaction du gouvernement les rendait plus vulnérables à la mort pendant les vagues de chaleur en raison de leur sexe et de leur âge[16].

La vulnérabilité accrue des femmes et la nécessité d’une justice sociale féministe

Que ce soit en Europe ou dans le reste du monde, les femmes et les minorités de genre sont davantage touchées par les effets du changement climatique. D’après un article publié en 2024 par France Nature Environnement, 85 % des personnes qui meurent des conséquences d’une catastrophe naturelle d’origine climatique dans le monde et 75 % des réfugié.es environnementaux sont des femmes[17]. Un autre rapport d’ONU Femmes montre que d’ici 2050, selon le scénario climatique le plus pessimiste prévoyant un réchauffement de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, jusqu’à 158,3 millions de femmes et de filles supplémentaires pourraient sombrer dans la pauvreté au niveau mondial[18].

Au niveau mondial, ces inégalités peuvent s’expliquer pour plusieurs raisons. Premièrement, les femmes ont globalement moins de pouvoir socio-économique dû principalement aux socialisations genrées et à la charge du domestique, ce qui signifie qu’elles ont moins de moyens pour s’offrir un mode de vie respectueux de l’environnement, notamment dans les pays occidentaux, ou pour s’adapter lorsque les problèmes climatiques menacent leur sécurité. Deuxièmement, les rôles socialement et culturellement prescrits des femmes font d’elles les principales à charge du travail de soins (« care ») dans leur famille et donc ces responsabilités les empêchent de consacrer du temps et des efforts à d’autres aspects de leur vie, tels qu’une meilleure éducation et des opportunités économiques. Troisièmement, les femmes constituent les principaux employés du secteur agricole où elles exercent un travail informel, elles sont plus dépendantes des ressources naturelles en termes de nutrition mais aussi de revenus et en cas de catastrophe elles sont les premières à souffrir de ces effets, ce qui rend leur travail extrêmement difficile et accroît encore leur vulnérabilité.

Les femmes et la communauté LGBTI+ sont plus susceptibles d’être victimes de violences sexistes et sexuelles comme la recrudescence des mariages forcés et les grossesses non désirées. De plus, leur parcours migratoire en tant que réfugiées environnementales est semé de violences : le viol et le harcèlement, voire le risque de trafic d‘êtres humains[19].

Toutefois, toutes les femmes ne sont pas égales face aux conséquences du réchauffement climatique. Dans le cas de l’Europe, ce sont principalement les femmes migrantes, de couleur, LGBTI+, celles également handicapées et célibataires qui sont les plus vulnérables aux enjeux climatiques, comme le rappelle très bien la Fédération syndicale européenne des services publics[20]. Cela engendre des causes multiples telles que l’augmentation de la pauvreté et de l’exclusion sociale qui se traduit par une exposition plus importante aux conséquences des catastrophes climatiques et de la gestion de la crise (comme l’augmentation des prix des aliments et de l’énergie par exemple). Dans ce contexte, une approche féministe de la justice sociale peut mettre en évidence le lien entre la crise environnementale et ces inégalités, et la nécessité d’intégrer les droits des femmes et des minorités de genre dans les politiques d’adaptation.

Le Pacte vert pour l’Europe ne tient pas, ou peu compte de la dimension de genre, ce qui limite fortement la mise en place de politiques égalitaires et équitables. Les différents textes adoptés au fil du temps témoignent de cette absence d’engagements politiques : que ce soit l’ajustement à l’objectif 55, le Fonds pour une transition juste ou encore la loi européenne sur le climat[21]. La Stratégie d’adaptation au climat de 2021[22] ne mentionne le genre qu’une seule fois, sans préciser les moyens ni mesures spécifiques à mettre en place pour aborder les inégalités de genre.

Repenser l’engagement politique et les relations interpersonnelles pour une justice sociale féministe plus efficace

Plusieurs initiatives tant communautaires qu’institutionnelles s’engagent à favoriser une approche féministe de la justice sociale dans les politiques et actions climat. Elles encouragent à repenser tant les relations sociales que l’engagement politique et institutionnel dans l’adaptation à la crise climatique.

En Moldavie, l’initiative d’agroforesterie Seed it Forward encourage à repenser l’adaptation au changement climatique à travers l’action communautaire, l’éducation et le partage afin que « tout le monde puisse faire partie de la solution, et pas seulement du problème » (slogan de l’initiative)[23]. Mise en œuvre au sein de l’association Ecovisio[24], cette initiative reconnaît la dimension genrée des effets de la catastrophe climatique, spécifiquement en Moldavie où les femmes sont majoritairement actives dans le domaine agricole et occupent les emplois agricoles les moins bien rétribués. Au-delà de leur situation économique, les femmes en Moldavie voient leur santé et leur bien-être affectés par les récoltes, lesquelles dépendent largement des conditions climatiques. Face à cette réalité, Ecovisio soutient une approche féministe de l’activisme environnemental, mettant en avant la participation communautaire, l’éducation, le dialogue et l’entrepreneuriat social. Ecovisio a notamment développé un centre de formation permanent qui propose des conférences ainsi que des jeux interactifs, le tout conçu pour sensibiliser un large public à la crise climatique.

Ces initiatives communautaires sont aussi plus ludiques. En 2024, le Printemps des Impactrices, festival écoféministe et anti-raciste, aspire à remédier au manque de représentation des femmes et des minorités dans les cercles décisionnels économiques, scientifiques et médiatiques[25]. L’édition de 2024 a porté une attention particulière à la santé mentale et financière des femmes et des minorités, en abordant des problématiques comme l’eco-anxiété et la légitimité de la participation des femmes dans l’adaptation. Ces bonnes pratiques communautaires soulignent l’importance de promouvoir l’égalité de genre dans l’adaptation à la catastrophe climatique, mais vont au-delà en adoptant une approche féministe qui incite à repenser nos interactions sociales en valorisant la solidarité, la participation et le dialogue, et en renforçant la résilience des femmes.

Cette urgence d’allier justice sociale et climatique au niveau européen est portée non seulement par la société civile grass-root, mais aussi par des acteurs plus institutionnels.  Women Engage for a Common Future (WECF), un réseau à but non lucratif composé d’organisations de la société civile engagé dans la promotion d’une « planète saine et équitable pour tous », a présenté des recommandations pour repenser un Pacte vert européen féministe, dans un rapport élaboré conjointement avec le Bureau européen de l’environnement (BEE)[26]. Le rapport présente des recommandations générales et sectorielles. Ses recommandations générales sont divisées en trois catégories : objectifs politiques intersectionnels tenant compte du genre ; une économie féministe du bien-être et du soin ; garantir des politiques environnementales qui intègrent la dimension du genre. WECF préconise par exemple de reconnaître le droit au soin comme droit fondamental et de financer des programmes de recherche ainsi que des campagnes de sensibilisation portant sur les interconnexions entre genre et climat. À travers ses recommandations générales et sectorielles, WECF insiste sur l’importance de promouvoir la transversalité des politiques climatiques et de genre. Cette approche favorise à la fois l’adaptation à la crise climatique et l’autonomisation des femmes, renforçant ainsi la résilience des populations et des territoires face à la catastrophe climatique. En publiant ce rapport et en instituant des récompenses telles que les prix « Solutions Genre et Climat » et « Femmes et Biodiversité », WECF a promu l’intégration de l’égalité des genres dans la lutte contre le changement climatique, tout en mettant en avant l’entrepreneuriat féminin.

La fondation Friedrich Ebert Stiftung, en partenariat avec WECF et le BEE, a formulé des recommandations similaires dans son rapport sur un Pacte vert européen féministe[27]. Ses recommandations englobent à la fois des directives générales et spécifiques à certains secteurs, notamment l’énergie, le transport et l’agriculture. Parmi les recommandations générales énoncées dans le rapport figurent la collecte de données désagrégées selon le genre, l’intégration systématique du genre dans le processus budgétaire, la réalisation d’évaluations d’impacts préalables sur le genre, et la garantie de la parité dans la représentation politique et les négociations climatiques.

Références

[1] EEA (29/06/2023). Global and European temperatures. European Environment Agency.

[2] Pörtner, H.-O. et al. (2022). Climate Change 2022: Impacts, Adaptation and Vulnerability. Contribution of Working Group II to the Sixth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change. Cambridge University Press.

[3] Möller, V. et al (2022). Annex II: Glossary. In Pörtner, H.-O. et al. (2022). Climate Change 2022: Impacts, Adaptation and Vulnerability. Contribution of Working Group II to the Sixth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change. Cambridge University Press.

[4] Jones, R. & Boer, R. (2004). Assessing Current Climate Risks. In Lim, B. & Spanger-Siegfried, E. (Eds.) (2004). Adaptation Policy Frameworks for Climate Change: Developing Strategies, Policies and Measures. United Nations Development Programme, Cambridge University Press.

[5] EEA (2024). European climate risk assessment. EEA Report 01/2024. European Environment Agency.

[6] Gancheva, M., et al. (2023). Policy instruments to tackle social inequalities related to climate change. Publication for the Committee on Employment and Social Affairs, Policy Department for Economic, Scientific and Quality of Life Policies. European Parliament.

[7] EEA (2024). European climate risk assessment, op. cit.

[8] Lager, F. et al. (2023). Just Resilience for Europe: Towards measuring justice in climate change adaptation. Technical Paper 1/23. European Topic Centre on Climate change adaptation and LULUCF (ETC-CA).

[9] Leitner, M. et al. (2023). Is Europe on track towards climate resilience? – Status of reported national adaptation actions in 2023. Technical Paper 2/23. European Topic Centre on Climate change adaptation and LULUCF (ETC-CA).

[10] EEA (2024). Urban adaptation in Europe: what works? Implementing climate action in European cities. EEA Report 14/2023. European Environment Agency.

[11] Reckien, D., et al. (2022). Plan quality characteristics of Local Climate Adaptation Plans in Europe. DANS.

[12] Berrang-Ford, L. et al. (2021). A systematic global stocktake of evidence on human adaptation to climate change. Nature Climate Change, vol. 11. 989 – 1000.

[13] Petzold, J. et al. (2023). A global assessment of actors and their roles in climate change adaptation. Nature Climate Change, vol. 13. 1250 – 1257.

[14] Tye, S., & Suarez, I. (2021). Locally Led Climate Adaptation: What Is Needed to Accelerate Action and Support?. Working Paper. World Resources Institute.

[15] Pathways2Resiilience (n.d.). What are the programme objectives?. Pathways to Resilience.

[16] Dickie, G., Abnett, K. & Levaux, C. (09/04/2024). Swiss climate policy shortcomings violated human rights, top court rules. Reuters.

[17] France Nature Environnement. (05/03/2024). Droits des femmes : Un enjeu environnemental. France Nature Environnement.

[18] Turquet, L., Tabbush, C., Staab, S., Williams, L. & Howell, B. (2023). Feminist Climate Justice: A Framework for Action. Conceptual

framework prepared for Progress of the World’s Women series. UN Women.

[19] Apostoly, A. (dir.), Ahanda, M.L., Bergey, E., Boissel, N., & Moreau, Z. (2023). How to Sustain a Gender-responsive Decision-making against Climate change. Gender in Geopolitics Institute.

[20] Nenning, L. (2022). Inégalités entre les sexes, crise climatique et pacte vert pour l’Europe. European Public Service Union.

[21] Allwood, G. (2022). La transition de l’UE vers la justice climatique et l’égalité de genre. Fondation Jean Jaurès.

[22] European Commission. (2021). Forging a climate-resilient Europe – The new EU strategy on adaptation to climate change (COM/2021/82 final). EUR-Lex.

[23] EcoVisio. (n.d.). Seed it forward. EcoVisio.

[24] EcoVisio. (2023). Home page. EcoVisio.

[25] Les Impactrices. (2024). Le printemps des impactrices. Les Impactrices.

[26] WECF & EEB. (2021). Why the European Green Deal needs Ecofeminism: Moving from gender-blind to gender-transformative environmental policies. Report. European Environmental Bureau and Women Engage for a Common Future.

[27] Heffernan, R., Heidegger, P., Köhler, G., Stock, A., & Wiese, K. (2021). A Feminist European Green Deal: Towards an Ecological and Gender Just Transition. Report. Friedrich-Ebert-Stiftung.