Ar Jeeguen
Depuis sa création en 1966, l’Institut océanographique Paul Ricard allie recherche et missions de sensibilisation pour “connaître, faire connaître et protéger la mer”.
Présentation de l'initiative
Au Sénégal, les communautés villageoises font face à une forte réduction de leur accès aux produits de la mer. Cette raréfaction de la ressource halieutique est la conséquence directe de la pression démographique et de la surpêche. Pour combler ce manque, le projet Ar Jeeguen, fruit d’un partenariat public privé pluri-acteurs, propose une solution novatrice et pérenne : développer l’aquaculture maraîchère locale. Ce projet est mené en partenariat avec la Fondation Veolia ainsi qu’avec les partenaires locaux suivants : l’Agence Nationale d’Aquaculture (ANA), l’Université du Sine Saloum El-Hâdj Ibrahima NIASS (USSEIN) et le Comité Interministériel de Lutte contre la Migration Irrégulière (CILMI). Il se matérialise par la construction de fermes piscicoles hybrides dirigées et exploitées par des Groupements d’Intérêt Économique (GIE) de femmes contribuant à générer des impacts positifs sur la sécurité alimentaire, l’économie et, de manière significative, sur l’intégration et l’autonomisation des femmes au Sénégal. Le principe est le suivant : un bassin, alimenté en eau par un puits équipé d’une pompe solaire, héberge la croissance de tilapias, des poissons d’élevage. L’eau du bassin, chargée en azote, phosphate et potassium grâce aux déjections des poissons, irrigue les terres maraîchères voisines dont la production augmente.
Ar Jeeguen est un projet de ferme piscicole locale innovante reposant sur la volonté de recréer une production alimentaire vertueuse et respectueuse de l’environnement, l’exploitation durable des ressources halieutiques, le développement de la recherche scientifique et l’implication des communautés locales, en particulier les femmes et les jeunes.
Déploiement multi-site
Début : 2020, projet toujours en cours
- création de 4 fermes aquacoles opérationnelles au Sénégal
- inauguration d’une écloserie fonctionnelle avec une capacité de production de 1 000 000 d’alevins par an
- création d’emploi : environ une dizaine par ferme
- revenus générés par les ventes : 30 000 000 fcfa/an par ferme soit plus de 45 000€/an
- réduction de la consommation énergétique
- réduction de la quantité d’eau utilisée
- indice de conversion : en intégrant la production maraîchère à la production piscicole, le système aquaponique démontre tout son intérêt. En effet, si on considère que l’aliment, seul intrant du système, permet aussi la croissance des légumes on obtient un indice de conversion de 0,18 en moyenne (expérience menée sur le pilote à l’Institut océanographique Paul Ricard)
- amélioration de la sécurité alimentaire par la vente de poissons d’élevage et de fruits et légumes aux villages environnants
- création d’emplois stables et réinsertion de personnes en marge : femmes et jeunes des zones rurales du Sénégal
- réduction de la pression sur les ressources halieutiques
- contribution à 10 ODD
- réponses aux enjeux nationaux : l’écloserie inaugurée en janvier 2025 en présence de la ministre des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires du Sénégal, s’inscrit dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de promotion de l’aquaculture durable
- formation d’étudiants : convention partenariale avec l’université du Sine Salloum qui envoie des stagiaires se former aux techniques d’aquaculture sur les fermes
Les fermes ont bénéficié d'un prêt à taux bonifié de la Fondation Veolia. Les bénéfices générés par ces fermes permettent aux GIE de rembourser ce prêt initial. Le remboursement par les bénéficiaires permet au bailleur de financer la création d’autres fermes et d'assurer la reproductibilité du modèle. Le GIE a également reçu des subventions et des dons philanthropiques en nature. 800K€ au total.
de l'organisation
Depuis sa création en 1966, l’Institut océanographique Paul Ricard allie recherche et missions de sensibilisation pour “connaître, faire connaître et protéger la mer”. L’Institut opère selon une double vocation : d’une part développer des recherches scientifiques innovantes et, d’autre part, partager le fruit de ces recherches pour les rendre accessibles au plus grand nombre. Un des défis majeurs du XXIe siècle résidant dans la question du financement de la transition écologique, l’Institut va au-delà de ses programmes de recherche et mobilise des outils de finance bleue pour soutenir les efforts et initiatives qui tendent vers plus de durabilité dans les secteurs maritimes et de l’économie bleue.
L’Institut océanographique Paul Ricard, partenaire scientifique, garant de l’expertise et du suivi du projet.
La Fondation Veolia, acteur économique, initiatrice du projet et principal financeur.
Le Comité Interministériel de Lutte contre les Migrations Irrégulières et l’Agence Nationale de l’Aquaculture du Sénégal, acteurs locaux engagés dans la mise en place d’une politique aquacole durable.
L’ANA a assuré la gestion opérationnelle de l’écloserie.
L’Université du Sine Saloum El-Hâdj Ibrahima NIASS (USSEIN) de Kaolack au Sénégal, acteur institutionnel majeur en partenariat avec le GIE “Aar Aduna Ar Jeeguen”, pour former des étudiants aux techniques d’aquaculture sur la ferme de Mbodiène.
Ar Jeeguen s’organise autour d’un système coordonné et multi-acteurs, structuré en un “Carré magique”. Ce modèle innovant s’appuie sur quatre piliers complémentaires, indispensables pour passer à l’action : science, acteurs locaux, acteur économique et acteur institutionnel. Ce dispositif à quatre piliers permet de lever les principaux freins à la création de passerelles transdisciplinaires, ouvrant ainsi la voie à des solutions durables.